Le blog à Lydia M.
Mes (més)aventures, ma vie, mon oeuvre. Du palpitant en veux-tu en voilà, forcément.
Un petit commentaire en privé ? mesaventures(at)gmail.com


 

Des fois j'écris là :
Paris15.fr
Film à voir

Souvent je traîne par là :
(Suisse mais) Bon pour ton poil
So Tangibeule
Khazâd, feignant, l'a arrêté (mais en fait, non)
Lelapin
Mon avis surtout
Schtroumpfs
Wayne, feignant, comme Khâzad (mais en fait, non)
Du bon miam


 

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     Posté par Lydia M. le 18.10.02

Bienvenue dans un monde parfait.com

Il se passe un truc incroyable : je travaille désormais dans un univers parfait.

Tout n'y est que légèreté, volupté, politesse et humour, tout en continuant à travailler bien sûr, car tout de même, on est là pour ça, hein et puis le travail, c'est la santé pour sûr.

Et ça donne de trucs improbables du genre : "Bonjour tout le monde !", "Bonjour Mme Patricia, bien dormi cette nuit ? Non, parce que c'est très important le sommeil : vous savez ce qu'on dit, après une bonne nuit, on voit la vie autrement n'est-ce-pas ?".
"Vous avez pris votre pause-déjeuner ? Surtout, ne sautez pas un repas, c'est très mauvais pour la santé, et il ne faut pas plaisanter avec sa santé, hein Mme Patricia ?".
"Et l'homéopathie, vous y avez songé ? Ma fille, pour son eczéma, elle a tout essayé, et puis finalement son docteur lui a conseillé l'homéopathie, et là, paf, tout a disparu comme par magie".
"Vous partez Mme Patricia ? Ah oui, c'est vrai qu'il est déjà 18h01, alors, une bonne soirée à vous !".
"M'enfin quand même, que je lui ai répondu, ce n'est qu'un chien ! Moi je dis toujours, qui n'aime pas les chiens, n'aime pas les humains !".
"Le temps a fraîchi, j'ai sorti ma petite laine !".
"Ah, M'sieur Archibald, c'que vous êtes taquin, c'est vrai qu'il est taquin !!".
Tricot, Pierre du Nord, météo, croquettes pour chat, arrosage des ficus, rempotage, congélation, confitures et j'en passe : tous ces sujets de fond sont susceptibles d'être abordés devant la photocopieuse, en panne deux jours sur trois ("Tout de même, un bon papier carbone, il n'y a que ça de vrai !").

Tiens, en parlant de vrai sujet de fond, hier Mme D. et moi-même devisions pendant notre pause-déjeuner (60 minutes montre en main, l'heure c'est l'heure, attention on est très service-service), sur la façon de manger les Pim's, et surtout sur la nette baisse de qualité subie par le Pim's en 20 ans : AVANT, la génoise était plus épaisse, plus dense, bref, meilleure. AVANT, la couche de chocolat était plus épaisse. AVANT, tu pouvais difficilement détacher la confiture du biscuit et du chocolat. Désormais, tu peux dépiauter ton Pim's en deux secondes, et tu te retrouves à tenir dans ta main un indigent petit disque de confiture ramollo;

Ah làlà, même le Pim's n'est plus ce qu'il était.
Tout se perd, vraiment.








     Posté par Lydia M. le 17.10.02

Ma grand-mère n'était pas immortelle

Je l'avoue, j'ai vécu dans l'illusion que ma grand-mère était immortelle.
Cette grand-mère là, je n'ai pas pu envisager qu'elle disparaisse. Une partie d'elle-même était déjà pourtant ailleurs depuis quelques années : il ne restait plus qu'une vieille femme, toujours belle et digne, mais incapable de toute conversation sensée ("les vieux ne parlent plus ou alors seulement du bout des yeux" disait Jacques Brel).

Elle a bercé mon enfance, fait les meilleurs oeufs à la coque du monde, les meilleurs cakes aux fruits confits, les meilleures confitures de fraises et de mirabelles, et autres douceurs.
Elle sifflait dans sa cuisine, se pomponnait dans sa salle de bains après avoir enlevé ses drôles de blouses à fleurs, elle nous disait au revoir depuis le seuil de la maison en prenant soin de rester jusqu'à ce que notre voiture ait tourné au coin de la rue, elle était une patiente adversaire au Lexicon (antique jeu de cartes avec des lettres que plus personne ne connaît !) ou à la belote.
Elle savait aussi taper à la machine, et se moquer des nombreux visiteurs (qui me bassinaient franchement pour certains) en reproduisant leurs tics de langage ou leurs autres petites manies. Je ne me souviens pas l'avoir entendue élever la voix. C'était bel et bien "une grand-mère délicieuse" pour reprendre les propos de mon frère.

Je ne pouvais pas ne pas parler d'elle, même sur ce blog, où d'habitude le ton est moins sérieux, et lui rendre cet hommage, tourner cette page de mon histoire personnelle, parce qu'elle était aussi la dernière représentante d'une génration désormais disparue.

Je lui devais ces quelques mots.







     Posté par Lydia M. le 7.10.02

Encore une démission

C'est fou, le turn-over du Cook County Hospital de Chicago est en train d'avoisiner celui du Stalag 17 : après Malucci, parti en traitant Weaver de sale gouine nazie (un grand moment) et Cleo, qui ont succédé à Doug Ross et Carole Hathaway, et à Lucy qui s'est fait zigouiller à coups de grand couteau de boucher, c'est au tour de Benton de claquer sa démission.

(J'ouvre ici une petite parenthèse : je me suis toujours demandée pourquoi les américains sont si bien équipés en couteaux de boucher. Ils en ont toujours toute une panoplie chez eux, qui leur permet de se faire occire par un psychopathe de passage ou de l'occire sur le comptoir de la cuisine Poggenpohl. A croire qu'ils y découpent des boeufs entiers. Dans Urgences, le staff a besoin d'un immense couteau, avec une lame d'au moins 40 cm de long pour couper un gâteau, vert et rose. C'est comme ça que le schizo Paul Sobricki a accompli son terrible forfait. Je referme cette sanglante parenthèse).

Tout le monde se barre, pourtant l'ambiance est très bonne, notamment sous l'impulsion de Romano (qui se prénomme quand même Robert), qui présente d'indéniables qualités humaines (psychologie, disponibilité, écoute) propres aux grands managers, et je sais de quoi je parle. Il sait se montrer si compréhensif : quand Benton lui demande un aménagement de ses horaires pour passer plus de temps avec son fils (né super prématuré et atteint de surdité), après lui avoir dit que Carla était morte ("et alors ?"que dit l'affreux gnôme), évidemment Romano refuse, en lui jetant à la figure un truc sympa du genre : "Ouais c'est ça, sacrifie ta carrière pour devenir mère au foyer !".
Je pose la question : qu'est-il donc arrivé à Paul Mc Crane, ce petit rouquin gentil, un rien niais, qui découvrait son homosexualité dans Fame ?
Oui, c'est bien de cet homme que je parle : ce petit gars avec un regard d'épagneul et une chevelure mousseuse (et flamboyante). Dans Fame (en réécoutant la BO, le morceau final ressemble VRAIMENT à du Rondo Vénéziano), il pousse même la chansonnette, avec un certain talent. Il a mal tourné, c'est fou ce qu'il est devenu méchant !
Benton, c'est un winner, un gars qui a la gnaque, un super chirurgien qui a passé le début de sa vie professionnelle à montrer qu'il n'en est pas arrivé là uniquement grâce aux quotas, à la discrimination positive, mais grâce à du travail et de l'abnégation.
Il a le triomphe modeste le Peter. Du concentré d'humilité.
Et puis, s'il a réussi, c'est aussi parce qu'il n'a jamais fait dans le sentiment : l'affectif, c'est pas son truc. Il est tout de même à deux doigts de pleurer quand Carter (à qui il a sauvé la vie) lui offre un jeton de métro comme cadeau d'adieu ("j'aurais préféré une montre !").
Ce qui précipite son départ cest sa prise de conscience aiguë que sa vie de famille dit passer avant son travail : c'est beau, j'en ai la larme à l'oeil. A noter cependant que le départ de Benton a été préparé, avec l'arrivée, il y a quelques semaines d'un nouvel externe, noir lui aussi (question de quotas ?). Le Docteur Gallant sera-t-il à la hauteur ? C'est tout le problème des nouveaux dans une boîte : ce qui est sûr c'est qu'on ne demande pas au personnel des Urgences de réserver aux petits nouveaux "le meilleur accueil" (cf. Madame MD qui en parle très bien), comme au Stalag 17.
Je remarque enfin que les démissions au Stalag sont beaucoup moins sensationnelles et musicales : en dehors d'une secrétaire disparue dans des circonstances mystérieuses (Mulder et Scully sont sur le coup), c'est très banal chez nous, et surtout, personne ne sauve des vies avant de s'en aller.
Ce qui est certain par contre, c'est que nous sauverons les nôtres en nous barrant !!!







     Posté par Lydia M. le 26.9.02

Julia Roberts 1 / Susan Sarandon 0

Julia Roberts vainqueuse par abandon suite à métastases
Ou
Comment peut-on oser faire (puis regarder) des films aussi cons ?

Julia Roberts est la nouvelle petit amie de Ed Harris (qui a définitivement une tête de cosmonaute), qui est lui-même divorcé de Susan Sarandon, mère au foyer professionnelle, qui a décidé de tout sacrifier pour élever sa progéniture (une fille préado, née en 28 heures et un garçon, né en deux heures prédestiné à la magie, qui nous les brise menu pendant tout le film avec ses tours débiles).

Pour une raison qui m'échappe totalement les enfants vivent majoritairement chez le père, qui bien sûr travaille plus que tout le monde et n'est jamais là. Bien sûr le mec a retrouvé une nana (mieux et plus jeune que la précédente, "un être exceptionnel") après son divorce, tandis que son ex-femme est aussi célibataire que don Camillo (et que moi d'ailleurs). Tout ça est parfaitement normal (Mec recasé en trois minutes trente, enfin débarrassé de sa sorcière d'avant qu'il n'aurait cependant jamais eu le courage de plaquer si elle ne l'avait pas fait pour lui. Tiens, mais ça me fait penser à kelkekose comme dit mon petit polichon).
Julia Roberts est une photographe de génie (on y croit bien sûr, à peu près autant que l'absence de hausse des cotisations sociales pour combler le trou de la branche maladie de la Sécu), et travaille dans un milieu super glamour (elle fait des photos publicitaires of course).
Julia Roberts fait le dur apprentissage du rôle de belle-mère, alors qu'elle se tape à l'aise dans les 20 ans de moins que la Sarandon. Alors du coup, tout le monde l'attend au tournant Mme Pretty Woman, et Mme Susan passe son temps à guetter ses erreurs : perte d'enfants au zoo, oubli de ramassage à l'école, retards répétés. C'est normal après tout, car elle n'a pas des années d'expérience derrière elle, d'ailleurs Mme Susan n'arrête pas de le lui rappeler.

Comment Mme Julia va-t-elle conquérir sa place ?

Très simple : elle exploite à fond le filon, "arrête, je ne suis pas ta belle-mère, et d'ailleurs je déteste ce mot, je pourrais être ta grande soeur (pas faux) tu as donc tout à apprendre de moi, en particulier dans le domaine du rock'n roll et des garçons".
Autre moyen, implacable, les métastases de Mme Susan : la dite Susan apprend en effet qu'elle a un méga cancer, incurable, malgré une chimio lourde, à moins d'aller essayer de nouveaux traitements en Suisse ou en France (!). Le soir où elle décide d'en informer Ed le cosmonaute, celle-ci lui apprend qu'il a l'intention de demander à Mme Julia de l'épouser (la scène de demande en mariage est totalement ridicule). Du coup, elle remet ça à plus tard, sauf que entre temps, Mme Julia commet une grosse indiscrétion, qui lui fait en déduire que Susan a l'intention de fuir avec les enfants à Los Angeles. "Mais non que tu es pomme", que Susan lui dit, "je vais à LA pour me faire faire des injections de protéines et voir mon oncologue". "Ca veut dire que j'ai un cancer qui me bouffe les neurones, tu piges, t�te de linotte ?"..."Oncologue...", reprend Mme Roberts, perplexe...
A partir de ce moment du film, Mme Susan envisage sérieusement son passage à trépas. Il commence d'ailleurs à faire froid, Noël approche, et ils se collent tous des bonnets ridicules pour ne pas attraper froid aux oreilles (il ne manquerait plus que ça !!).
Mme Susan se met à préparer son dernier Noël : ses enfants auront des cadeaux spéciaux qu'elle confectionne avec ses petites mains. Des immondes patchworks avec des photos qui font pleurer. Et là, on a basculé dans le grandguignolesque (comme au Stalag 17) : " Maman, est-ce-que tu vas mourir ?
Mon corps va s'en aller, mais je serai toujours près de toi".
La fête de Noël se passe : neige, déballage des cadeaux, photos de famille sur le canapé, et LA a lieu l'impensable.
Mme Julia est conviée par Mme Cancerenphaseterminale à apparaître sur le cliché réunissant TOUTE la famille.

C'était le résumé de "Ma meilleure ennemie" : je lui donne une bonne note dans mon classement perso de mes nanars préférés...